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    « "les matérialités de l'écrit" à la Chartreuse | Accueil | Théâtre des Célestins: du numérique aux réseaux sociaux »

    15/02/2009

    Commentaires

    laura garcia vitoria

    La république numérique des savoirs
    Robert Darnton, dans la livraison d’avril du Monde Diplomatique, évoque la constitution, à l’ère de Google, d’une République numérique des savoirs. Je lisais son article en me rendant à la Semaine Internationale des Arts Numériques où venaient nous rencontrer notamment chinois et latino-américains. En rencontrant l’adjoint au maire de la ville chargé du développement durable, c’est la réalité du terrain qui nous a été d’abord exposée: il faudrait peu de choses pour que tout le territoire de l’agglomération ne devienne un grand cluster de l’innovation en ouvrant ses différentes composantes les unes aux autres, ce qui à l’évidence n’est pas le cas (ce sont plutôt les barrières qui symboliseraient l’entrée dans certains «lieux de savoir»); or c’est l’inverse, on le sait bien, que nécessite la transformation d’une ville en vrai territoire de la connaissance.

    En écoutant ensuite dans notre réunion à la mairie les représentants des différents territoires de notre Living Lab, ce sont de même les extraordinaires atouts dont nous disposons tous qui me frappèrent dans l’énumération de nos projets. Des atouts, oui, si nous savons briser les jougs des législations d’autrefois, si nous savons dire non (et ce n’est pas toujours facile) aux stupidités que parfois nous développons collectivement faute de comprendre le passé ou de regarder le futur - ce qui revient, sommes toutes, au même -: je songeais, on l’aura compris, aux montagnes d’inepties engendrées par les débats sur les droits d’auteur. Dans les visioconférences que j’animais, je continuais de voir l’ampleur de ce qui était possible dans un pays comme la Colombie par exemple, dans une ville comme Malaga (Andalousie) ou encore en Ardèche, qui accueille le premier Centre Européen des Nouvelles Technologies qui a tant intéressé les délégations chinoises auxquelles je me suis adressée.

    J’étais heureuse en sortant aussi bien de notre réunion professionnelle que de notre séminaire de prospective: oui, Monsieur Darnton - vous qui avez côtoyé comme historien les équipes de l’Encyclopédie et les plumitifs des Lumières -, oui une république non point seulement des lettres; mais des savoirs est aujourd’hui concrètement possible, à condition que nous nous débarrassions de nombre d’idées reçues, que nous arrêtions nos usines à fabriquer des textes que personne n’appliquera jamais, que nous dessinions ensemble un futur crédible de nos territoires au travers de processus de formation ancrés dans notre quotidien et d’échanger des connaissances qui laisseraient sur les bords du chemin ceux qui s’agrippent à leurs bonus et leurs stock-options devenus inutiles. Est-ce seulement un songe?

    Alain Giffard

    Je poste ce commentaire de Yannick Maignien.
    AG
    Les conclusions de Darnton sont en effet symptomatique d'un désarroi, succédant très vite à l'enthousiasme de l'accord donné aux programmes de numérisation des Bibliothèques par Google!
    Mais Darnton aurait dû se méfier... Le "modèle économique" de lecture industrielle de Google (AdWord et Adsense)- articulant gratuit ouvert et publicité est lui-même issu des modèles statistique de "lecture /évaluation" au sein de la compétition scientifique, où ce qui compte c'est le facteur d'impact, lui même calculé sur le nombre de citations dans les "revues classées"....Du "PageRanking" de notoriété...où il n'est plus nécessaire de "lire" les
    articles, mais seulement de savoir dans quelles revues (et de quel rang ?) ils paraissent...

    "Qui cite qui? Qui est cité par qui? S.Brin et L. page se sont d'abord appuyés sur des modéles scientométriques et bibliométriques.
    Une sorte d'effet boomerang, donc.
    Cette "lecture hiérarchisée", sinon capitalisée, prélude peut-être à d'autres défis:
    Le risque est que ce ne soit pas seulement la "lecture" publique, les bibliothèques, qui
    soient "shuntées", pris en otages, par ce procés privé entre Google et ayant-droits, mais
    bientôt l'ensemble des processus "lecture/écriture" qui définissent les rapports de
    chercheur/utilisateur aux données et documents numériques.
    Google, Amazon, et surtout l'industrialisation à venir des "Réseaux sociaux" peuvent s'accaparer non seulement " la base de données des désirs humains" (sur laquelle se fonde le modèle économique de Google), mais les communautés qui s'auto-organisent, du type de celles de la recherche. Autant le savoir toute suite, pour réfléchir sur les raisons et moyens
    de maîtrise publique de ces infrastructures numériques de recherche que sont les "réseaux collaboratifs".
    En ce sens, nous pourrions demander à nos amis américains d'arrêter de penser naïvement que l'Université est "toujours" le creuset innovant du Bien public,... avant de voir revenir les avatars privés en boomerang!
    Mais c'est bien l'invitation de Darnton! Il n'est pas trop tard pour proposer aux Bibliothèques Universitaires (et à leur SCD et SI) et à la Politique de Recherche de la BNF, ou des Grandes Bibliothèques européennes, d'avoir une réflexion sur la maîtrise des systèmes collaboratifs et des réseaux sociaux stratégiques que sont les chercheurs,
    enseignants, étudiants (en tant que lecteurs/écrivains) qu'elles s'apprêtent à mettre en
    oeuvre.
    Sinon, (science-fiction) ce sera la "base de données des savoirs humains" qui sera contrôlée par Google.

    yannick.maignien@tge-adonis.fr
    http://www.tge-adonis.fr


    Alain Pierrot

    Le Monde diplomatique de mars 2009 publie la traduction de l'article de Darnton. Aperçu sur le site :
    http://www.monde-diplomatique.fr/2009/03/DARNTON/16871

    Clément Laberge

    Le lien vers l'article sur le site NYBooks n'est pas le bon, il manque un 2. Voici le bon:

    http://www.nybooks.com/articles/22281

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